De la Fratrie à la Création : L’Histoire Derrière Nornigab Studio
Laissez-moi vous emmener dans une aventure dont je suis le protagoniste, une histoire pleine d’anecdotes et de rebondissements. Attachez vos ceintures car je vais vous raconter comment une fratrie a affronté des défis uniques pour finalement trouver des solutions inédites projectant les origines lointaines de Nornigab Studio. Accrochez-vous bien, vous êtes sur le point d’être plongé au cœur d’une saga où les obstacles se transforment en opportunités et où le lien familial se révèle être la clé de la réussite.
Je m’appelle Norbert, cinéaste et l’un des co-fondateurs de Nornigab Studio, une structure de cinéma à Kisangani que j’ai créée avec mes jeunes frères. Dans ma famille, j’ai une sœur aînée, trois jeunes frères et une petite sœur. Cependant, l’histoire que je m’apprête à vous raconter se concentre sur moi et mes deux jeunes frères, Nixon et Gabriel, qui me suivent par ordre de naissance. C’était à une époque où notre père a dû nous acheter des smartphones. Nous étions déjà très attachés à l’usage d’Internet et aux jeux sur PPSSPP depuis notre plus jeune âge.

Face au coût financier que représentait l’achat de trois téléphones à ce moment-là, et conscients des impacts qu’un smartphone pouvait avoir sur des enfants fréquentant l’une des écoles les plus exigeantes de Kisangani, notre père a pris la décision de nous en procurer un pour nous trois. Cette décision allait non seulement changer notre quotidien, mais aussi forger des liens indéfectibles entre nous, propulsant ainsi notre fraternité vers de nouvelles aventures inattendues.
Qui s’oppose s’assemble
Devoir partager un seul téléphone entre mes deux frères et moi-même a été source d’embarras chez mes amis et de gêne devant les filles des lycées Mapendano et Anuarite. Les disputes étaient monnaie courante, mais il n’y avait pas d’autre alternative : le téléphone était pour nous trois. Passionnés de football, nous soutenions tous l’équipe FC Barcelone et nous adorions jouer à un jeu de football sur PPSSPP. Imaginez la tension quand il s’agissait de configurer FC Barcelone comme notre équipe ! Une véritable guerre fraternelle éclatait à chaque fois. Ces moments intenses ont forgé des souvenirs inoubliables et renforcé nos liens, même si la compétition entre frères n’était pas toujours de tout repos.
Terrain d’attente

Pour résoudre notre querelle concernant le choix de notre club de football, nous avons décidé de nous répartir les championnats à jouer, étant tous des inconditionnels du FC Barcelone. J’ai opté pour la Supercoupe, Nixon pour la Ligue des Champions, et Gabriel pour la Liga espagnole. Une fois cette affaire de jeu réglée, il a fallu trancher sur l’utilisation des quelques réseaux sociaux disponibles. Nixon a préféré WhatsApp, j’ai opté pour Viber, tandis que Gabriel, désintéressé par cette dispute, n’a pas manifesté d’intérêt particulier pour l’un ou l’autre.
Créativité et collaboration
À cette époque, certains jeunes de notre âge, fiers possesseurs de smartphones, avaient la coutume de choisir leur prénom ou surnom comme mot de passe pour déverrouiller l’écran de leur appareil. Une nouvelle bataille éclatait. Pour trouver un compromis, nous avons décidé de mélanger les initiales de nos prénoms. C’est ainsi que naquit « Nornigab », un mot qui allait devenir le nom d’une structure cinématographique que nous avons créée.
Cette expérience m’a enseigné deux leçons essentielles : ne pas favoriser systématiquement l’aîné au sein d’une fratrie, comme c’est souvent le cas dans de nombreux foyers africains, et chercher des activités partagées qui renforcent les liens entre les enfants. De la résolution des conflits à la découverte de solutions sans l’intervention des parents, cette aventure a cultivé en nous l’esprit d’équipe malgré nos divergences.















